ou Oseille de Guinée. Quel joli nom pour cet hibiscus à fleurs rouges qui permet la préparation du bissap, boisson locale.

Nous avons découvert le bissap peu après notre arrivée au Congo, lors d'un dimanche au lac, chez des amis. Des sénégalais ont apporté ce fameux jus nommé bissap mais aussi du jus de gingembre. Un délice.

Hier, ma ménagère a apporté les fleurs pour me montrer la préparation.

Les fleurs ressemblent à cela et ont un parfum très agréable :

Hibiscus sabdariffa

Il faut les laisser infuser au moins 1h puis les faire bouillir environ un quart d'heure, filtrer et c'est prêt !

Cela donne un beau jus rouge, à sucrer selon les goûts. Ici, ils sucrent énormément, je le coupe donc à l'eau.

Le nôtre, j'ai pris soin de ne pas trop le sucrer. Un délice.

Bissap

Ma mènagère, c'est ma conteuse congolaise. Avec elle, j'en apprends beaucoup sur le pays. Elle est un vrai condensé des problèmes de l'Afrique. Sa fille a eu le malheur de rencontrer un européen et de croire à l'amour. De cette rencontre est née une fille qui a aujourd'hui 4 ans. Je dis "malheur", car maintenant le père veut emmener sa fille en Europe, contre le gré de sa mère. S'ensuit une bataille judiciaire avec pour conséquence, une petite fille pleine d'avenir qui est déscolarisée. J'ai appris tout cela lorsqu'elle l'a amenée à la maison, pendant que sa fille passait devant la justice. Et voilà plusieurs semaines que, de temps en temps, elle vient chez nous. Et, bien évidemment, je m'y suis attachée et les enfants aussi. Et mon mari aussi, à ma grande surprise.

Le mari de ma ménagère est décédé, elle élève donc seule ses enfants. Elle en a 7 dont 3 encore scolarisés : un fils de 15 ans et deux filles de 10 et 7 ans. Nous discutons beaucoup et l'autre jour elle a même suggéré que je prenne son fils chez moi, que je l'adopte. Car il approche de l'âge où les enfants deviennent des adultes et où la porte des études se referme sur eux quand ils n'ont pas les moyens d'aller à Brazzaville (où il y a une université).

Ici, notre famille s'est agrandie avec notre personnel de maison. Leurs problèmes deviennent nos problèmes. Nous faisons vivre 7 familles. Mais à 90 000 francs CFA (140 euros) le salaire moyen, ils rament. Donc, le mot d'ordre ici, c'est la débrouille.

Dans ces conditions, comment rêver à un avenir meilleur ? Quels peuvent bien être les rêves de ces jeunes alors que, après le bac, ils vont devoir se débrouiller pour gagner leur vie, sans formation ?

Je ne comprends pas que les dirigeants africains n'investissent pas dans l'éducation de leurs enfants, l'avenir du pays. Je ne comprends pas qu'ils ne pensent qu'à amasser des millions pendant que leurs enfants vivent pour la plupart dans des conditions sanitaires déplorables. Je ne comprends pas, vraiment. Et je ne sais pas comment l'Afrique pourra s'en sortir, si elle s'en sortira un jour. Bien triste constat.